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Trois démâtages pour neuf avaries au total en deux jours de course.

Les premières heures de mer dans le 6e Vendée Globe se sont

montrées dévastatrices pour la flotte des 30 solitaires partis dimanche

des Sables-d'Olonne à l'assaut de ce tour du monde en solitaire à la

voile, sans escale et sans assistance.

Après les abandons annoncés mardi de Marc Thiercelin (DCNS) et

Kito de Pavant (Groupe Bel), deux des trois démâtés avec le voilier

Aquarelle.com de Yannick Bestaven, les organisateurs ont tenu à

dédramatiser la situation lors d'une conférence de presse à Paris.

"La voile fait partie des sports mécaniques. On n'en fait pas des tonnes

lors des abandons nombreux dans les premières heures de course des

24 Heures du Mans automobiles", a déclaré Alain Gautier, ex-vainqueur

de l'épreuve en 1992-1993 et consultant-sécurité sur cette sixième

édition de la course.

"On est rarement parti dans des conditions de mauvais temps à venir",

remarque Denis Horeau, le directeur sportif de l'épreuve, à propos du

coup de tabac subi par la flottille dans le golfe de Gascogne. Il souligne

que "les démâtages se sont produits après la rotation du vent" et non pas

au moment où les navigateurs enduraient les plus mauvaises conditions

de mer.

"Le front était violent, la bascule de vent a été marquée", ajoute-t-il.

C'est dans ces conditions, après avoir retrouvé du vent arrière que

Thiercelin a démâté, alors qu'il venait d'envoyer de la toile.

"Les navigateurs ont rencontré une tempête de novembre de type

classique. Il faut noter que les problèmes n'ont pas pour seul origine la

tempête, je pense notamment à ceux qui ont eu des ennuis électriques",

a déclaré Philippe de Villiers, président du conseil général de Vendée,

support de l'épreuve.

Trois skippers ont connu des problèmes d'alimentation électrique

rendant notamment inopérant le pilote automatique (Michel Desjoyeaux,

Derek Hatfield et Dominique Wavre). Bernard Stamm a été victime d'un

abordage, Alex Thomson a connu une voie d'eau, enfin Jean-Baptiste

Dejeanty a rencontré un problème de pont.

"On ne peut pas rêver de bateaux qui font le tour du monde en 80 jours,

de monocoques plus rapides que les multicoques d'il y a 15 ans sans

penser qu'il puisse y avoir des incidents", indique Denis Horeau. "Le

monde a progressé depuis 1989 (première édition de l'épreuve), les 60

pieds IMOCA sont de plus en plus sophistiqués. Mais les démâtages ne

sont pas liés à une sophistication accrue, car les mâts ailes naviguent

depuis 1996. La voile peut rencontrer des problèmes comme les autres

sports mécaniques".

C'est la première fois depuis l'édition 1992-1993 de la course que la

flotte rencontre une tempête après le départ. "En 1992, le podium était

constitué de deux bateaux qui étaient revenus aux Sables d'Olonne",

rappelle Gautier. "Il y avait eu au départ un démâtage, puis un problème

de quille, entre autres. Au niveau des statistiques (concernant les

avaries), on est dans les clous".

Les concurrents qui rentrent vers les Sables-d'Olonne, seul port d'escale

autorisé, doivent repartir dans un délai de 10 jours.

Parmi les principales victimes, Desjoyeaux, vainqueur de l'épreuve en

2001, est reparti des Sables mardi matin avec 350 milles de retard sur

les leaders, après avoir résolu le problème d'alimentation électrique de

son "Foncia", dû à un moteur noyé.

"Rien n'est perdu pour lui", estime Gautier. "Son décalage important

peut lui ouvrir des portes, notamment lors du franchissement du Pot au

noir et de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Il peut bénéficier de conditions

différentes".

En tête de la course, trois marins étaient bord à bord mardi, se tenant en

trois milles: Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Loïck Peyron (Gitana

Eighty) et Roland Jourdain (Veolia Environnement). AP


 

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